S'il y a un Diable
dans le Tarot, en revanche, point de "bon Dieu" dans
le nom des arcanes. Celui-ci n'est pourtant pas ignoré. Une
maison
porte (presque) son nom, et plusieurs personnages sont ostensiblement
à
son service, (Le Pape, L'Hermite, et, de façon non officielle,
La
Papesse). C'est bien là où est "dit vingt" qu'il nous
faut entendre le
"divin" ! Dernière référence au culte et
référence dernière du culte
(le Jugement dernier), le vingtième arcane se pose vraiment
comme la
fin de tout l'occulte dans le jeu.
L'arcane XX
s'assimile aussi souvent, chez l'observateur, au fait d'être
jugé, et plus particulièrement
à la peur de l'être. Il prend sens comme Jugement Dernier,
c'est-à-dire
comme illustrant un examen symbolique ou réel. Il traduit ainsi
le
regard de Dieu, des autres, de la société et de
l'environnement
sur l'individu. Plus encore que la Justice, il est rattaché
à la
sentence, au verdict, souvent même à la punition ou
à l'expiation
nécessaire. Cela révèle d'ailleurs souvent un
sentiment de
culpabilité : car pourquoi craindre d'être
jugé si sa conscience est en
paix ? Et, c'est justement, parce que l'individu ne nourrit que
très
rarement un sentiment de totale sérénité qu'il vit
dans la crainte du
jugement et que, dans une certaine mesure, il s'applique à le
fuir. La
vingtième lame le confronte à une angoisse existentielle,
en le
renvoyant à la responsabilité qu'il a sur ses
pensées et ses actes.